Challenge for Europe

L’information n’est pas un bien marchand anodin, c’est un bien commun au service de l’intérêt général. Elle fait partie intégrante de l’exercice de la démocratie. Pour faire face aux dérives déontologiques des médias, une centaine de pays dans le monde ont créé leur instance de régulation éthique de l’information et du journalisme. Parmi eux, nombre de pays européens s’en sont dotés. Or, en France, les journalistes ont toujours refusé sa création.

Souvent dénommé « Conseil de presse », cette instance de médiation entre la presse et son public est un observatoire des pratiques et un espace de débat public ; un lieu de recherche d’équité ; un outil pédagogique d’innovation citoyenne sur le fonctionnement des médias… Elle impulse un processus qui conforte l’indépendance journalistique et permet de réguler l’activité journalistique au service de la qualité. Ce « Conseil de presse » a donc des fonctions multiples et ne se résume pas à un conseil de l’ordre des journalistes, ce que beaucoup semblent penser.

Une telle entité doit idéalement être composée de :

– journalistes, premiers responsables de la qualité de l’information et dont la loi reconnaît la fonction par un statut spécifique ;

– d’éditeurs de presse (tous types de support), responsables du « produit fini » informatif livré au public et co-responsables devant la justice de sa qualité ;

– de représentants du public, afin qu’il puisse exercer son droit à une information de qualité.

Ces instances nationales indépendantes, créées dans de nombreux pays d’Europe, se sont réunies depuis 1999 dans l’Alliance des Conseils de Presse Indépendants d’Europe (AIPCE) qui organise une réunion annuelle. Il serait intéressant que cette Alliance serve de point de départ à la création d’un observatoire commun qui mènerait un travail transversal et offrirait un espace de débats et réflexions.

Proposition

Créer un observatoire européen de la médiation et de la déontologie journalistique, en lien étroit avec l’Alliance des Conseils de Presse Indépendants d’Europe (AIPCE). Au-delà des fonctions de régulation et de médiation assurées par les conseils de presse nationaux, l’Observatoire serait chargé du suivi critique des pratiques professionnelles, d’un travail de veille déontologique, de créer un espace de débat et réflexion sur les questionnements éthiques, de l’élaboration d’outils pédagogiques à destination des professionnels et des non-professionnels de l’information.

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