Challenge for Europe

Une alarmante érosion de la biodiversité…

En un demi-siècle, les trois quarts de la biodiversité cultivée ont disparu des champs. Les semences ont été enfermées dans les banques de gènes où elles sont à leur tour menacées de disparition dans les programmes numériques informatiques. L’industrie semencière est l’artisan et la cause de cette érosion de la biodiversité, elle ne saurait en être la solution. Les sélections paysannes au champ sont la solution : elles seules sont capables de permettre aux plantes de s’adapter à la diversité et à la variabilité des conditions de cultures sans béquilles chimiques. Elles ont besoin pour se développer d’un cadre juridique respectant les droits des agriculteurs (Voir article « Les droits des agriculteurs pour la biodiversité »).

Les maisons paysannes de la semence : une gestion locale d’un bien universel

Les semences paysannes sont un bien collectif. Nous l’héritons de nos parents et l’empruntons à nos enfants à qui nous devons la restituer dans toute sa diversité. Aucun agriculteur ne peut conserver, sélectionner et produire seul toutes ses semences, ni ressemer ses champs si l’année précédente a été trop mauvaise. Aucune sélection n’est durable sans permettre à la semence de renouveler sa diversité, en changeant de terrain de culture, ou par de petits apports exogènes : il n’y a pas de semences paysannes sans échanges et sans travail collectif. Les maisons de la semence, qui émergent un peu partout, sont l’outil de cette organisation collective entre paysans et jardiniers. C’est un lieu commun où les semences sont conservées une ou plusieurs années, où l’on peut partager et si possible rémunérer le travail d’entretien des collections vivantes de ressources, où les échanges informels entre paysans et jardiniers s’organisent et où le stock semencier est géré collectivement au niveau local.

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