Challenge for Europe

L’infrastructure urbaine est largement orientée vers l’usage de l’automobile (largeur, pente et rayon de courbure des voies, cadence des feux tricolores, dispositifs de stationnement…). Cette orientation a un caractère systémique qui demande une transformation en profondeur en direction de transports urbains plus économes en ressources (surface occupée, énergie, émissions de gaz à effet de serre).

Proposition

Nous proposons, pour financer cette adaptation, que des péages urbains automobiles soient établis dans les agglomérations européennes, et que leur produit soit affecté à la construction de transports en commun, d’infrastructures pour modes de transport non motorisés et à la subvention de logements sociaux en centre ville.

Le montant payé est lié à la durée de fonctionnement du moteur à explosion. Le tarif horaire dépend des paramètres suivants :

– capacité de paiement de l’automobiliste. Le tarif est plus élevé pour les plus riches

– lieu / heure / jour / saison / conditions météorologiques ou de pollution.

La capacité de paiement de l’automobiliste peut être définie par le montant de son impôt sur le revenu ou par puissance fiscale du véhicule. Le tarif peut aussi être plus élevé pour les premières minutes d’utilisation du véhicule (les plus polluantes). De même, le tarif peut être plus élevé en centre-ville (ou des transports en commun existent) qu’en lointaine banlieue.

La présence à bord du véhicule d’un équipement de péage urbain est obligatoire et signalée par une vignette contrôlée annuellement. Elle est contrôlable par les forces de police. Son absence entraîne une amende équivalente à N (à déterminer) heures de circulation.

Le péage urbain :

– diminue la congestion des infrastructures routières existantes. Le besoin d’en construire de nouvelles diminue voire s’annule.

– permet la circulation efficace et rapide des transports en commun de surface. Il est moins nécessaire de les enterrer ou de leur construire une voirie spécifique. Cela est également générateur d’économies.

– diminue la pollution et augmente la rapidité globale des transports urbains.

Les transports en commun de banlieue à banlieue augmentent l’offre de logements attractifs par le nombre d’emplois et d’habitants qu’ils permettent d’atteindre à l’intérieur d’un budget-temps constant. Le prix des logements de centre-ville diminue donc.

Les subventions à l’habitat donnent accès au centre-ville aux populations plus pauvres.

Il est légitime que des automobilistes qui n’utilisent jamais personnellement les transports en commun paient un impôt destiné à les financer, car ils retirent un bénéfice direct de leur existence. Comme l’illustre la situation d’embouteillage thrombotique des routes en cas de grève des transports en commun, ces derniers apportent aux automobilistes un service considérable : celui de dégager les routes. Le gain quotidien est la différence de durée de trajet entre un jour de grève générale des transports en commun et un jour “normal”.

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