Challenge for Europe

En fait, si certains salariés et dirigeants parviennent à percevoir des rémunérations démesurées, c’est en raison de leur pouvoir de négociation. Ainsi, les dirigeants d’entreprise sont souvent présents au sein de Conseils d’Administration d’autres sociétés : les salaires sont décidés au sein de ce petit cercle, sans que les autres parties prenantes de l’entreprise, salariés ou même actionnaires, n’aient de pouvoir de décision.

L’Europe se distingue dans le monde par sa capacité à concilier efficacité économique et justice sociale. La justice sociale inclut de nombreux éléments tels que la lutte contre la pauvreté, l’égalité des chances dans l’accès à l’emploi, les assurances sociales, l’accès à des services fondamentaux tels que l’éducation, la santé, l’impôt progressif. Au niveau européen, ces exigences peinent à trouver une traduction concrète, en raison des divergences de modèles nationaux et des écarts de niveaux de développement des pays européens.

Notre proposition

Un élément essentiel de la justice sociale est la maîtrise des inégalités. Aucun raisonnement économique ou philosophique ne justifie les écarts actuels de rémunération. Une manière de donner un contenu à l’idée d’Europe sociale serait de créer un salaire maximal en Europe. Déjà, Henry Ford proposait que la rémunération d’un dirigeant ne soit pas plus de 40 fois élevée que celle de l’ouvrier. Cela donne une idée du type de limite que l’on pourrait établir aujourd’hui.

Malheureusement, dans le cadre actuel des traités européens, l’Union européenne n’a pas compétence à traiter des questions de salaire. Il n’est donc pas possible aujourd’hui de faire adopter une directive européenne fixant un niveau maximum de salaire en Europe. Cependant, un vote du Parlement européen en ce sens pourrait pousser l’Union européenne à s’occuper de cette question.

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